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Le théâtre Nô

Le théâtre Nô est une des formes les plus anciennes et traditionnelles du théâtre japonais. Il puise ses origines dans les fêtes religieuses célébrées dans les campagnes afin de rendre hommage aux divinités et ainsi s’assurer leur bienveillance pour les récoltes. Ces danses en costumes et masques portent le nom de « Kagura ».

Vers 650, avec l’arrivée du bouddhisme et de ses nouvelles cérémonies, les kaguras perdent de leur prestige ; les spectacles évoluent vers une forme plus profane mais restent toujours joyeux. Le Kagura prend alors le nom de « Gagaku » ou « Bugaku ». 

Au IXe siècle, on ajoute aux danses, des acrobaties, des tours de magie ou des textes comiques. Cette nouvelle évolution se nomme alors « Sarugaku » : « jeux de singes ».

Mais le Nô prend véritablement forme à l’époque Muromachi (1336 à 1573), sous l’autorité du Shogun Yoshimitsu Ashikaga. Deux acteurs, père et fils, Kan’ami et Zeami Motokiyo, établissent les premières règles du théâtre Nô tout en gardant les grands principes du Sarugaku, mais ils en changent totalement la forme. Inspirés par la religion Zen, en pleine essor, ils écrivent de nouveaux textes et imposent des règles strictes pour les kimonos, les masques, la musique, et la scène. En l'espace d'une vingtaine d'années, ils transfigurent l'ancien Sarugaku populaire, en un art raffiné destiné à l'élite militaire et politique du Japon.

A l’époque Azuchi Momoyama (1573 à 1603), le Nô est marqué par la culture du splendide. Le goût des costumes magnifiques, la forme des masques et de la scène sont développés à cette période. C’est également à cette époque, que se compose le répertoire classique du Nô et que son statut passe de celui de la  « troupe » à celui de « l’école ».

Sous la période Edo (1603-1868), le nô devint totalement une affaire de famille.  Chaque acteur devant appartenir à un lignage ; l'adoption d'adultes était alors une pratique courante, permettant d'intégrer de nouveaux acteurs. Aujourd’hui, il ne reste plus que cinq familles à pratiquer le théâtre Nô.

Élément essentiel des divertissements des shoguns et par extension des samouraïs, le Nô devient pratiquement réservé à ces derniers. Sous l'influence de ce public, les représentations sont plus solennelles et plus longues, le Nô devenant un art sérieux, demandant une grande concentration de la part du public.

Conformément à la tradition du théâtre Nô, codifiée au XV ème siècle, les personnages du théâtre Nô sont répartis en deux grandes catégories. L'acteur principal appelé Shite fait progresser l'intrigue par ses danses.  Alors que le spectateur peut voir son visage lors de la première partie de la pièce, dans la deuxième partie, le Shite porte un masque pour effectuer la grande danse lente, le « kuse ». Vêtu de superbes kimonos, l'acteur principal est donc le véritable cœur de la représentation.
Lorsqu'ils mettent le masque, les acteurs quittent symboliquement leur personnalité propre pour interpréter les personnages qu'ils vont incarner. Au lieu de narrer une intrigue compliquée, le théâtre Nô développe une simple émotion ou une atmosphère.

Le masque joue un rôle important dans la culture japonaise. Ils sont sculptés dans un bois de cyprès, puis enduit d'une couche de peinture blanche sur laquelle sera appliquée la couleur jaune caractéristique de ces masques. De l'encre noire est utilisée ensuite pour les sourcils et les cheveux. L'ensemble est ensuite recouvert d'une couche de laque très finement appliquée. Les yeux sont d'étroites ouvertures, rendant difficile la vision de l'acteur.
Il existe quatre familles de masque : hommes âgés (Jô), femmes (Onna), hommes (Otoko) et démons (Oni). Chacune de ces catégories comprend elle-même 4 ou 5 variantes différentes permettant de représenter la quasi-totalité du répertoire du Nô.

Le théâtre Nô est une des premières formes d'art dramatique à avoir été inscrite, en 2008, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

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